Sur ce chemin, observez cette curieuse bifurcation, en 2024 :

et en 2026 :

À droite, le chemin "officiel", lisse et propre, faisant un coude dans ce parc arboré.
À gauche, un chemin de terre allant plus directement à son but.
À pied ou en trottinette, lequel choisiriez-vous si vous deviez vous rendre à l'arrêt de bus le plus proche ?
S'il pleut, peut-être préfèrerez-vous éviter la boue, et prendre le beau chemin propre, et ainsi respecter le tracé imaginé par les paysagistes.
S'il fait sec et que vous êtes en retard, peut-être préfèrerez-vous couper à travers les herbes, sortir des sentiers balisés, faire un pas de côté en empruntant cette ligne de désir.
Car c'est ainsi,
lignes de désir, que l'on appelle ces chemins informels empruntés par les piétons pour se rendre quelque part, même si des chemins tout tracés existent.
En vous baladant, vous rencontrerez souvent ces lignes de désir, illustration du "principe de moindre action" que le marcheur met en œuvre lorsqu'il n'est pas satisfait du chemin proposé.
Dans certains endroits, marcher dans l'herbe est une transgression, une attitude de rebelle, une façon de se démarquer. Mais la ligne de désir, si elle est là bien marquée dans l'herbe, donnant à la terre son aspect tassé, est le signe que de nombreuses personnes ont fait ce même choix ce qui, au final, relève plutôt d'une attitude conformiste !
Peut-être vaut-il mieux ne prévoir aucun chemin et laisser simplement le temps aux piétons et cyclistes de les tracer eux-mêmes de façon optimisée ; et seulement ensuite, construire ces chemins en dur. C'est la méthode que l'Université de l'Ohio avait utilisée pour définir le plan de son campus.
Bibliographie